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L’écriture comme espace de résistance avec Donna Haraway et Monique Wittig

Publication du 30 Sep, 2026
Comment prendre pleinement sa place comme sujet quand on est en dehors des catégories (binaires), en dehors de la norme ou plus précisément en dehors de l’hétérosexualité ?

Anni Van Parys, diplômée du master interuniversitaire de spécialisation en études de genre (2024), licenciée en information et communication (2002)

Cette simple question amène l’autrice à réfléchir aux éléments qui déterminent et qui construisent ce que nous appelons « le réel » ou un certain « cela-va-de-soi »1Monique Wittig parle de « cela-va-de-soi-hétérosexuel ». Elle explique que la pensée hétéronormative est un régime politique parce qu’elle structure la société et impose une série de catégories. C’est l’objet de son ouvrage La Pensée straight. L’expression « cela-va-de-soi-hétérosexuel » est mentionnée p.76 dans M. Wittig, La Pensée straight, Éditions Amsterdam, 2018 [1992].. Grâce à la pensée de Donna Haraway et de Monique Wittig, elle nous invite à comprendre comment le langage, les mots, les règles de grammaire et les concepts, les discours scientifiques, les critères de validation du savoir (c’est-à-dire l’épistémologie) ou encore les métaphores façonnent notre vision du monde et impactent l’expérience que nous faisons de la réalité2Cette analyse s’inspire notamment du mémoire réalisé par l’autrice, intitulé Corps, langage et matérialité chez Monique Wittig et Donna Haraway et qui a reçu le prix du Comité Femmes et Sciences 2025 dans la catégorie « mémoire-recherche ». NDLR.

Qui sont Monique Wittig et Donna Haraway ?

Monique Wittig (1935-2003) est née en Alsace. Elle est philosophe, écrivain3Pour respecter le cadre de la pensée de Wittig, je ne mettrai pas le mot écrivain au féminin ni en écriture inclusive lorsque je me réfère au contenu de sa pensée théorique littéraire ou à elle-même comme écrivain., militante féministe matérialiste, théoricienne littéraire et politique. Elle se distingue avec des ouvrages qui marquent (ou effraient) le public pour leur créativité formelle et leur contenu avec entre autres Les Guérillères en 1969 et Le Corps lesbien en 19734Voir successivement : M. Wittig, Les Guérillères, Les Éditions de Minuit, 2019 [1969] et M. Wittig, Le Corps lesbien, Les Éditions de Minuit, 2024 [1973].. Ses écrits théoriques comme La Pensée straight (1978)5M. Wittig, La Pensée straight, cité plus haut.Le livre est au départ une conférence en anglais donnée par Wittig à New York en 1978. Elle sera reprise dans un recueil The Straight mind and other essays en 1992 qui sera traduit en français en 2001, 2007 et 2018 sous le nom de La Pensée straight., vont influencer la pensée féministe et lesbienne et vont permettre à la pensée queer de se développer6B. Auclerc et Y. Chevalier, « Introduction » dans B. Auclerc et Y. Chevalier (dirs.), Lire Monique Wittig aujourd’hui, Presses universitaires de Lyon, 2012, p. 5-20.. Judith Butler lui consacre d’ailleurs un chapitre dans Trouble dans le genre en 19907J. Butler, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, La Découverte, 2005 [1999], p. 222-247, le chapitre est intitulé « Monique Wittig : désintégration corporelle et sexe fictif »..

Dans les années 1950, Wittig part à Paris pour suivre une licence de lettres à la Sorbonne. En 1964, elle remporte le Prix Médicis avec son premier roman L’Opoponax et convainc les grand·es écrivain·es du Nouveau Roman. Elle est très active dans le mouvement de Mai 68 et s’implique dans les réflexions théoriques féministes et dans la fondation du Mouvement de Libération des femmes (MLF). En 1970, elle participe à l’évènement fondateur du MLF à savoir le dépôt d’une gerbe de fleurs sous l’Arc de Triomphe en hommage à celle qui est « plus inconnue encore que le Soldat inconnu : sa femme »8K. Costello et I. Eloit, « Monique Wittig (ou le lesbianisme intraduisible) », Le Dictionnaire du genre en traduction, CNRS/IRN World Gender.. Dans les années 1970, elle crée, avec d’autres, des mouvements lesbiens radicaux comme Les Petites Marguerites ou encore les Gouines rouges. Suite à des conflits au sein du MLF, et plus particulièrement à cause de ses positions radicales sur le lesbianisme, elle décide de partir s’installer aux Etats-Unis en 1976 où elle travaille comme professeur invité et écrivain en résidence au sein de plusieurs universités9Pour une biographie succincte, on peut consulter le site de Monique Wittig.. Là, elle écrit Le Chantier littéraire en 1986 qui ne sera publié qu’en 2010. Cet ouvrage reprend les différents éléments de sa théorie littéraire. Dans la préface, Christine Planté explique en quoi Wittig fait preuve d’un « matérialisme singulier ». Elle est matérialiste en politique, critique les rapports sociaux qui instaurent les dominations et refuse d’exacerber les caractéristiques féminines. Elle est aussi matérialiste dans son approche du langage. Elle croit en « une action (plastie) du langage sur la réalité, en particulier sur les corps10C. Planté, « Préface », dans M. Wittig, Le Chantier littéraire, Presses universitaires de Lyon, 2010, p. 25. Cet ouvrage correspond au travail universitaire de Monique Wittig, soutenu en 1986 à l’EHESS (École des Hautes Etudes en Sciences Sociales) sous la direction de Gérard Genette. ».

Le féminisme matérialiste s’inspire du marxisme en considérant les sexes comme des classes sociales, où les femmes sont « exploitées » par les hommes. Il souligne que les identités féminines et masculines s’acquièrent socialement et ne sont donc pas des données naturelles. Ces identités sont renforcées par l’injonction tacite à l’hétérosexualité. C’est aussi le sujet développé dans La Pensée straight.

Donna Haraway est née en 1944 à Denver. Elle est professeure émérite dans les départements « History of Consciousness » et « Feminist Studies » de l’Université de Californie à Santa – Cruz. Elle peut être considérée comme féministe matérialiste et écoféministe. Comme Wittig, elle accorde de l’importance au travail sur les mots et aux récits en ce qu’ils peuvent ouvrir la voie vers un autre imaginaire et une manière agentive d’être sujet. Lire Donna Haraway, c’est entrer dans une autre dimension, c’est faire des liens autrement, c’est remettre en question les bases de notre pensée et de notre logique de raisonnement.

L’intérêt de Haraway pour le langage ou ce qu’elle appelle « les technologies textuelles » vient aussi de son ancrage académique. Elle a fait des études de biologie, est historienne des sciences et anthropologue. Dans son travail, elle s’intéresse à l’historicité des formes vivantes et à la manière dont les catégories biologiques influencent les catégories politiques11D. Gardey, « Deux ou trois choses que je dirais d’elle », dans D. Haraway, Le Manifeste cyborg et autres essais, Exils Éditeur, 2007 [1985], p. 11.. Pour Haraway, la biologie est un principe fondamental qui structure le monde vivant. Ce récit a donc une importance particulière dans notre lien avec la réalité puisqu’il catégorise le réel. Comme l’explique Delphine Gardey, pour Haraway « produire des faits scientifiques c’est ne pas cesser de mobiliser des ressources non scientifiques (et en particulier des rapports de domination)12D. Gardey, « Deux ou trois choses que je dirais d’elle », cité plus haut, p. 13. Idem pour la suivante p.14-15. ».

Haraway s’intéresse aux récits fondateurs de notre identité occidentale et plus particulièrement aux possibilités émancipatrices de la science-fiction et des nouvelles technologies mais aussi aux relations que nous entretenons avec le monde vivant. Elle est connue pour deux essais majeurs : Manifeste cyborg : science, technologie et féminisme socialiste à la fin du XXe siècle (1985)et Savoirs situés : question de la science dans le féminisme et privilège de la perspective partielle (1988). Dans le premier, elle cherche des manières de repenser notre identité en dehors des dualismes traditionnels (homme/femme, organisme/machine, nature/culture) en proposant « une figure inédite de l’expérience corporelle et sexuée » (le cyborg). Dans le second, elle développe une nouvelle épistémologie (une autre manière de créer et de valider du savoir) où elle remet en question le concept d’objectivité.

Le concept de carno-phallogocentrisme

Dans mon mémoire intitulé Corps, langage et matérialité chez Monique Wittig et Donna Haraway13A. Van Parys, Corps, langage et matérialité chez Monique Wittig et Donna Haraway, UCLouvain, 2024., je mobilise le concept de « carno-phallogocentrisme ». Celui-ci nous fournit des pistes pour comprendre comment se construisent notre rapport au monde et notre subjectivité (c’est-à-dire notre manière d’être sujet). Il questionne aussi les structures de la rationalité occidentale à savoir les critères qui permettent de valider une recherche.

Selon l’écoféministe Jeanne Burgart Goutal, le langage véhicule les logiques de domination et est imprégné de carno-phallogocentrisme. Elle emprunte à Derrida ce concept forgé en 1989 et met en lumière les trois travers de notre civilisation : « […] travers carno, spéciste, antinaturaliste, anthropocentrique / travers phallo, sexiste, patriarcal, androcentrique / et travers logo, rationaliste, logocentriste […]. Le vocabulaire, les mots, les règles de grammaire seraient des vecteurs de la matrice de domination croisée des femmes et de la nature14J. Burgart Goutal, « “Penser différemment” le défi du langage écoféministe » (communication de colloque), Lieux d’enchantement. Ecrire et réenchanter le monde, Université de Perpignan, 2016, p. 1-2, disponible ici. ».

Dans son article « Déconstruire le “carno-phallogocentrisme” : l’écoféminisme comme critique de la rationalité occidentale », Burgart Goutal explique les liens entre ces trois composantes de la domination15J. Burgart Goutal, « Déconstruire le “carno-phallogocentrisme” : l’écoféminisme comme critique de la rationalité occidentale », PhaenEx, vol. 11, no 1, 2016, p. 27-30. Idem pour les citations suivantes, p. 27.. Le « logocentrisme »consiste à placer la raison comme capacité supérieure de l’être humain et à justifier par-là, la supériorité et la domination des êtres rationnels sur les autres. Le « phallocentrisme »peut se définir « comme l’identification (implicite) du sujet au mâle humain, qui a pour corrélat l’objectivation et l’infériorisation de tous les autres êtres ». Enfin, le « carnivorisme » fait référence dans un sens littéral et symbolique à la construction normative du concept d’être humain qui acquiert un statut de dominant en mangeant des animaux, des êtres non humains dont il se distingue. En Occident, par exemple, on considère la nature comme « une ressource à exploiter ».

Pour Burgart Goutal, il est urgent de trouver une alternative à « la logique dualiste qui incruste malgré nous le carno-phallogocentrisme dans tous nos raisonnements, puisqu’il contamine jusqu’à nos langues, nos grammaires et nos catégories de pensée ». « Le dualisme consiste à caricaturer la différence en opposition exclusive et hiérarchisée […]16Jeanne Burgart Goutal, « Déconstruire le “carno-phallogocentrisme”… », cité plus haut, p. 42 et 45. ».

Comment Donna Haraway et Monique Wittig remettent-elles en question notre façon de penser ?

« La biologie est un discours, elle n’est pas le monde vivant lui-même17D. Haraway, « Les promesses des monstres : politiques régénératives pour d’autres Impropres/Inapproprié-e-s », dans E. Dorlin et E. Rodriguez (dirs.), Penser avec Donna Haraway, PUF, 2012, p. 168. »

Pour Haraway, le réel n’existe pas en soi. Il s’agit d’une production discursive influencée par une série de métaphores, issues notamment de la biologie, et de récits fictionnels où les processus de fabrication des significations ont toute leur importance. Elle refuse l’idée d’une science objective désincarnée (mais qui au final reflète la position majoritaire « de l’Homme Blanc »). Comme elle l’explique dans Savoirs situés, être objectif·ve, ce n’est pas être coupé·e de son objet d’étude, c’est tenir compte du rôle du corps du·de la scientifique dans le processus de recherche mais aussi du caractère situé du·de la chercheur·euse. Être situé·e veut dire qu’en tant que chercheur·euse on écrit de quelque part, avec un ancrage, une histoire personnelle et professionnelle et une vision du monde. Pour Haraway, être transparent·e sur ces aspects c’est garantir une objectivité plus forte. Par ailleurs elle attire notre attention sur l’importance des outils que nous utilisons pour « regarder » notre environnement et construire des « significations scientifiques de la réalité »18D. Haraway, Le Manifeste cyborg et autres essais, Exils Éditeur, 2007 [1985], p. 125-126. Pour la mention des figures qui suit, voir le même ouvrage, p. 72-73..

Pour échapper à la structuration carno-phallogocentrique du monde, des histoires, des identités, des corps et du langage, Haraway crée des figures et des nouvelles métaphores (le cyborg, le Coyote, etc.) pour éviter une pensée trop littérale, pour multiplier les significations et densifier les concepts, autrement dit pour « épaissir » le récit de la réalité19V. Despret, « En finir avec l’innocence. », dans Dorlin E. et Rodriguez E. (dirs.), Penser avec Donna Haraway, cité plus haut, p. 29. et réfléchir à d’autres manières d’habiter ensemble ici et maintenant20F. Caeymaex, V. Despret et J. Pieron, « Le rire de la méduse » dans F. Caeymaex, V. Despret et J. Pieron (dirs.), Habiter le trouble avec Donna Haraway, Éditions Dehors, 2019, p. 81.. C’est ce qui lui permet de « figurer un ailleurs », « un espace métaphorique de résistance »21Cette formulation est utilisée par C. Sandoval dans « New Sciences. Cyborg feminism and the methodology of the oppressed », p. 409 ; cité dans E. Dorlin et E. Rodriguez (dir.), Penser avec Donna Haraway, cité plus haut, p. 149..

Dans le recueil La Pensée straight, dont le titre pourrait se traduire par « pensée hétéronormative », Wittig remet en question l’épistémologie hétérosexuelle qui imprègne de nombreuses catégories du savoir, de l’expérience, de l’identité et qui performe des rapports de pouvoir22S. Bourcier, « Wittig La Politique. » (préface), dans M. Wittig, La Pensée straight, cité plus haut, p. 29. Les citations suivantes sont issues du même ouvrage, p. 135 et 114.. Elle critique cette catégorisation du réel qui passe pour « naturelle ». Pour elle, « la pensée straight » fonctionne comme un régime politique qui organise l’ensemble de la société en imposant à tout le monde des concepts clés et des catégories de manière universelle. C’est en cela qu’elle est totalisante. Elle ne laisse pas la place à d’autres classifications.

« Je dis que même les catégories abstraites et philosophiques agissent sur le réel en tant que social. Le langage projette des faisceaux de réalité sur le corps social. Il l’emboutit et le façonne violemment. Les corps des acteurs sociaux, par exemple, sont formés par le langage abstrait aussi bien que par le langage non abstrait. Car il y a une plastie du langage sur le réel23Monique Wittig, La Pensée Straight, cité plus haut, p. 135, chapitre « La marque du genre ». ».

Le genre est une catégorie philosophique qui l’intéresse particulièrement, elle explique ses réflexions à ce sujet dans son article « La marque du genre » (repris dans La Pensée straight). « Il est l’indice linguistique de l’opposition politique entre les sexes24Monique Wittig, La Pensée Straight, cité plus haut, p. 114, chapitre « Le point de vue, universel ou particulier ». ». Elle considère qu’il n’y a qu’un seul genre et c’est le féminin. Car seules les femmes doivent déclarer leur genre lexicalement, le masculin étant considéré comme l’universel, l’abstrait, le général. Le féminin constitue donc un sujet relatif, particulier, concret. Pour Wittig, imposer cette catégorie particulière aux femmes est une forme de domination. C’est pourquoi elle propose d’utiliser les pronoms personnels comme « machine de guerre » pour supprimer le genre / la catégorie de sexe25Comme l’explique Butler dans Trouble dans le genre (p. 225), Wittig ne fait pas de différence entre sexe et genre puisque « la catégorie de sexe est elle-même une catégorie genrée, pétrie de politique, naturalisée et non naturelle ».. Dans Les Guérillères, tout est conjugué avec le pronom « Elles » pour créer le statut de sujet universel (au même titre que le « ils »habituel), dans L’Opoponax elle recourt au « On », dans Le Corps lesbien au « j/e ».

Comme Haraway, elle accorde donc une grande importance aux technologies textuelles. Pour elle, le travail des écrivains consiste d’abord à travailler le langage jusqu’à obtenir un matériau brut, c’est-à-dire à dépouiller les mots de leur sens commun, de leurs usages sociaux et métaphoriques pour éviter qu’ils ne soient chargés idéologiquement. Ensuite seulement ils peuvent donner à leur texte une forme littéraire26M. Wittig, La Pensée straight, cité plus haut, p.126, dans le chapitre « Le cheval de Troie ».. Dans Le Corps lesbien, elle parvient à faire émerger un nouveau corps, non genré, sans métaphores, en dehors des catégories du phallogocentrisme. Elle en parle à travers des listes d’organes, usant d’un langage anatomique et de termes scientifiques qui ne sont pas connotés dans le langage courant.

En conclusion, Haraway et Wittig ont donc toutes les deux une posture critique face au langage. Elles se méfient des métaphores car elles véhiculent des rapports de pouvoir. Pour elles, réel et fiction s’entremêlent pour d’une part générer le processus sémiotique (c’est-à-dire « qui créée du sens ») qui modèle notre expérience du monde et d’autre part façonner notre subjectivité. Les technologies textuelles occupent une place importante dans leur travail car elles permettent de sortir des réflexes du carno-phallogocentrisme.

Notes
  • 1
    Monique Wittig parle de « cela-va-de-soi-hétérosexuel ». Elle explique que la pensée hétéronormative est un régime politique parce qu’elle structure la société et impose une série de catégories. C’est l’objet de son ouvrage La Pensée straight. L’expression « cela-va-de-soi-hétérosexuel » est mentionnée p.76 dans M. Wittig, La Pensée straight, Éditions Amsterdam, 2018 [1992]. ↩︎
  • 2
    Cette analyse s’inspire notamment du mémoire réalisé par l’autrice, intitulé Corps, langage et matérialité chez Monique Wittig et Donna Haraway et qui a reçu le prix du Comité Femmes et Sciences 2025 dans la catégorie « mémoire-recherche ». NDLR ↩︎
  • 3
    Pour respecter le cadre de la pensée de Wittig, je ne mettrai pas le mot écrivain au féminin ni en écriture inclusive lorsque je me réfère au contenu de sa pensée théorique littéraire ou à elle-même comme écrivain. ↩︎
  • 4
    Voir successivement : M. Wittig, Les Guérillères, Les Éditions de Minuit, 2019 [1969] et M. Wittig, Le Corps lesbien, Les Éditions de Minuit, 2024 [1973]. ↩︎
  • 5
    M. Wittig, La Pensée straight, cité plus haut.Le livre est au départ une conférence en anglais donnée par Wittig à New York en 1978. Elle sera reprise dans un recueil The Straight mind and other essays en 1992 qui sera traduit en français en 2001, 2007 et 2018 sous le nom de La Pensée straight. ↩︎
  • 6
    B. Auclerc et Y. Chevalier, « Introduction » dans B. Auclerc et Y. Chevalier (dirs.), Lire Monique Wittig aujourd’hui, Presses universitaires de Lyon, 2012, p. 5-20. ↩︎
  • 7
    J. Butler, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, La Découverte, 2005 [1999], p. 222-247, le chapitre est intitulé « Monique Wittig : désintégration corporelle et sexe fictif ». ↩︎
  • 8
    K. Costello et I. Eloit, « Monique Wittig (ou le lesbianisme intraduisible) », Le Dictionnaire du genre en traduction, CNRS/IRN World Gender. ↩︎
  • 9
    Pour une biographie succincte, on peut consulter le site de Monique Wittig. ↩︎
  • 10
    C. Planté, « Préface », dans M. Wittig, Le Chantier littéraire, Presses universitaires de Lyon, 2010, p. 25. Cet ouvrage correspond au travail universitaire de Monique Wittig, soutenu en 1986 à l’EHESS (École des Hautes Etudes en Sciences Sociales) sous la direction de Gérard Genette. ↩︎
  • 11
    D. Gardey, « Deux ou trois choses que je dirais d’elle », dans D. Haraway, Le Manifeste cyborg et autres essais, Exils Éditeur, 2007 [1985], p. 11. ↩︎
  • 12
    D. Gardey, « Deux ou trois choses que je dirais d’elle », cité plus haut, p. 13. Idem pour la suivante p.14-15. ↩︎
  • 13
  • 14
    J. Burgart Goutal, « “Penser différemment” le défi du langage écoféministe » (communication de colloque), Lieux d’enchantement. Ecrire et réenchanter le monde, Université de Perpignan, 2016, p. 1-2, disponible ici. ↩︎
  • 15
    J. Burgart Goutal, « Déconstruire le “carno-phallogocentrisme” : l’écoféminisme comme critique de la rationalité occidentale », PhaenEx, vol. 11, no 1, 2016, p. 27-30. Idem pour les citations suivantes, p. 27. ↩︎
  • 16
    Jeanne Burgart Goutal, « Déconstruire le “carno-phallogocentrisme”… », cité plus haut, p. 42 et 45. ↩︎
  • 17
    D. Haraway, « Les promesses des monstres : politiques régénératives pour d’autres Impropres/Inapproprié-e-s », dans E. Dorlin et E. Rodriguez (dirs.), Penser avec Donna Haraway, PUF, 2012, p. 168. ↩︎
  • 18
    D. Haraway, Le Manifeste cyborg et autres essais, Exils Éditeur, 2007 [1985], p. 125-126. Pour la mention des figures qui suit, voir le même ouvrage, p. 72-73. ↩︎
  • 19
    V. Despret, « En finir avec l’innocence. », dans Dorlin E. et Rodriguez E. (dirs.), Penser avec Donna Haraway, cité plus haut, p. 29. ↩︎
  • 20
    F. Caeymaex, V. Despret et J. Pieron, « Le rire de la méduse » dans F. Caeymaex, V. Despret et J. Pieron (dirs.), Habiter le trouble avec Donna Haraway, Éditions Dehors, 2019, p. 81. ↩︎
  • 21
    Cette formulation est utilisée par C. Sandoval dans « New Sciences. Cyborg feminism and the methodology of the oppressed », p. 409 ; cité dans E. Dorlin et E. Rodriguez (dir.), Penser avec Donna Haraway, cité plus haut, p. 149. ↩︎
  • 22
    S. Bourcier, « Wittig La Politique. » (préface), dans M. Wittig, La Pensée straight, cité plus haut, p. 29. Les citations suivantes sont issues du même ouvrage, p. 135 et 114. ↩︎
  • 23
    Monique Wittig, La Pensée Straight, cité plus haut, p. 135, chapitre « La marque du genre ». ↩︎
  • 24
    Monique Wittig, La Pensée Straight, cité plus haut, p. 114, chapitre « Le point de vue, universel ou particulier ». ↩︎
  • 25
    Comme l’explique Butler dans Trouble dans le genre (p. 225), Wittig ne fait pas de différence entre sexe et genre puisque « la catégorie de sexe est elle-même une catégorie genrée, pétrie de politique, naturalisée et non naturelle ». ↩︎
  • 26
    M. Wittig, La Pensée straight, cité plus haut, p.126, dans le chapitre « Le cheval de Troie ». ↩︎

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