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Plongez dans ce numéro et découvrez des idées qui font réfléchir, inspirent et agissent pour l’égalité !
Françoise HECQ
Des immigrés, j’en vois tous les jours. Dans ma rue, surtout dans sa partie la plus haute. Des immigrés américains, français, japonais et bien d ’autres nationalités encore. Ils occupent les villas à tourelles et double garage construites dans les années 1950-1960. À l’exception des Français, au marché, ils montrent du doigt les légumes et les fruits ou parlent anglais. Car, ils ne sont que de passage. Dans ces beaux quartiers, pas de racisme ni de xénophobie en apparence, mais un climat d’urbanité indifférente. Dans mon enfance, en bassin charbonnier, j’ai vu et côtoyé une immigration moins smart : celle des Italiens. On les parquait dans des baraquements aux pieds des charbonnages dont la cantine des Italiens à La Louvière donne un assez bon exemple. Surtout les premières années, sans être la cible d’agressivité, ils étaient objet d’une certaine méfiance. C’est vrai, c’étaient des hommes et on mettait en garde les filles. Même si, à présent, on poétise quelque peu une intégration des Italiens, qui aurait été rapide, ma mémoire de petite fille garde des images plus mélancoliques, d’hommes un peu perdus. Ainsi, dans les carnavals, nombreux dans la région et qui sont censés favoriser un certain brassage social, je les revois, errant par groupes, s’essayant avec maladresse au pas de Gilles, quêtant, souvent en vain, un peu d’empathie.
Analyse N° 29/2017
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